L’EXTENSION DU PLANCHER EST UN LUTTE (LA RUMEUR) – L’ABSENCE DE GOUVERNAIL – 31 mai 2018

La saison de la galerie du Granit ET, TOUJOURS, ILS TIENNENT LE MONDE se poursuit avec notre programmes d’expositions ex situ L’EXTENSION DU PLANCHER EST UNE LUTTE (LA RUMEUR), présentation de la pièce de Dorothée Thébert et Filippo Filliger (Cie SousChiffre) au FRAC Franche-Comté , Besançon :
L’ABSENCE DE GOUVERNAIL
jeudi 31 mai 2018 à 20h

Entrée libre, jauge limitée
Réservation conseillée au Frac: 03 81 87 87 40
Cité des Arts, 2 passage des arts, 25000 Besançon

Avec le concours des amis du FRAC, de Quentin Lacroix et de Montagne Froide (Michel Collet & Valentine Verhaeghe).

Saviez-vous que le kéfir était subversif au plus haut degré ? La biodiversité des microorganismes qui le composent le rend en effet incompatible avec l’exploitation industrielle. Vous en prendrez bien un peu ? Et du fromage de chèvre fait maison ?
Vous venez d’entrer dans un espace d’utopie réalisée. Dans un coin du plateau la marmite mijote pour le repas qui vous attend, tandis que sur les bancs où l’on vient s’assoir sont inscrits des slogans de Mai 68, des phrases de Brecht, de Beuys, d’autres artistes encore et de Robert Filliou, l’inspirateur de ce projet inclassable et suprêmement poétique. Proche de la constellation Fluxus et des Nouveaux Réalistes, cet artiste français a inventé le « Poïpoïdrome », un espace de création permanente qu’il a expérimenté au Centre Pompidou en 1978.
La pensée de Robert Filliou repose sur l’idée qu’entre l’art et la vie, il n’y a pas de frontière. Le quotidien est l’occasion d’une expérimentation créative continue. Tout est art, en permanence. Dorothée Thébert et Filippo Filliger se sont demandé dans quelle mesure le théâtre pouvait être le siège de leur « Poïpoïdrome », c’est-à-dire un lieu où il serait possible d’expérimenter, avec le public, une « filliousophie » de vie qui mêle librement l’art et la vie en alternant la réflexion et l’action. Leur travail prend la forme de dialogues écrits à partir des discussions sur leur recherche artistique, des actions brèves performées et des ateliers d’artisanat que les deux artistes partagent avec le public. Sous leurs impulsions, vous devenez les acteurs de cette expérience unique qui redonne au mot « communauté » sa valeur fondamentale. Une échappée roborative à la reconquête de la liberté intérieure et du potentiel créateur de l’action collective. L’expérience se termine par un repas collectif et convivial.

Note d’intention des artistes

Comment se déroule une représentation
Chaque soir, nous accueillons les spectateurs sur un plateau, où on y trouve des bancs sur lesquels sont pyrogravés des slogans des années 60 et une grande table qui sert à différents types d’ateliers. Au mur, on découvre la totalité des assiettes peintes par des spectateurs qui, en fin de soirée, seront utilisées pour partager le repas qui mijote plus loin dans une casserole. Dès que le public a découvert l’espace, nous l’invitons à suivre la lecture des textes que nous avons écrits tout au long de notre recherche autour de l’œuvre et la vie de Robert Filliou. Ces notes, écrites sous forme de dialogues, sont lues par deux lecteurs différents chaque soir, sans répétition préalable. Ainsi, les lecteurs découvrent les textes en même temps que le public.
Entre un texte et l’autre, afin d’expérimenter le principe fondateur du « Poïpoïdrome », qui alterne la réflexion et l’action, le visiteur peut prendre part à des ateliers manuels, des performances inspirées du mouvement Fluxus ou à des dégustations. S’il le souhaite, le spectateur peut goûter aux fromages de chèvre que nous avons fait maison et à différentes boissons à base de kéfir. Il peut aussi sortir du théâtre pour rapporter aux autres spectateurs trois observations qu’il a envie de partager ou peindre une assiette.
Mais encore, pour chaque lecture ou atelier, nous avons prévu un agencement spécifique des bancs, fabriqués par nos soins. Et pour cela, nous invitons les spectateurs à nous aider à les déplacer pour transformer l’espace.
Tout au long de la pièce, le visiteur est amené à décider de son degré d’implication dans la pièce. Il peut choisir de « bien » participer, de « mal » participer ou de ne « pas » participer, selon le principe d’équivalence cher à Filliou, mais l’essentiel tient dans sa présence et dans la liberté avec laquelle il choisit de créer son propre chemin à l’intérieur de notre proposition.
A l’issue des lectures et des ateliers, nous invitons une personne que nous avons rencontré lors de notre création pour questionner ensemble sa façon de résoudre l’équation entre l’art et la vie. Cela peut prendre la forme d’une discussion philosophique pour enfants ou pédagogique pour adultes, d’un cours de dessin ou de la projection d’un court-métrage.
Enfin, l’expérience se termine avec un repas, consommé dans les assiettes peintes par les spectateurs des jours précédents. Ce moment de partage permet de prolonger les différentes réflexions qui ont émergé lors de la pièce dans des discussions informelles et continuer cette imbrication entre l’art et la vie.
Et avant de partir, il est possible de prendre avec soi le compte-rendu de la soirée qu’un écrivain public a rédigé en direct, consignant et commentant les évènements qui se sont déroulés pendant L’absence de gouvernail.

Ça peut paraître complexe, mais c’est pas compliqué !

Un esprit « filliousophique »
Nous avons ouvert le laboratoire de L’absence de gouvernail lors de notre travail d’écriture pour l’édition 2012 de la bourse Textes-en-Scènes de la Société Suisse des Auteurs, accompagnés par les plasticiens Frédéric Moser et Philippe Schwinger.
Au départ, il s’agissait d’explorer le travail et la vie de Robert Filliou, un artiste proche de la constellation informelle du mouvement Fluxus et des Nouveaux réalistes, pour voir ce qui, des préoccupations artistiques des années 60-70, résistait à notre présent, en particulier le rapport entre l’art et la vie qui nous préoccupe au quotidien. En développant ce chantier, nous nous sommes éloignés de Robert Filliou pour garder de lui une sorte de « filliousophie », un esprit ludique, un questionnement sur le vivre-ensemble, que nous avons convoqué dans un corpus de dialogues qui sont issus des discussions entre nous deux, couple dans la vie et dans la création artistique. Dans ce travail d’écriture, les dialogues sont accompagnés de recettes, de chansons, de questions à poser au public, de photos, pour proposer un texte protéiforme qui œuvre comme une boîte à outils avec laquelle il est possible de construire un spectacle « do it yourself ».
Dans le même esprit, à la scène, nous concevons L’absence de gouvernail comme un moment d’expérimentation pour une communauté de pensée et d’action que nous souhaiterions réunir le temps d’un spectacle dans notre « Poïpoïdrome ».

affiche-filliou
Publication facsimile de L’Immortelle Mort du Monde, pièce de théâtre aléatoire de Robert Filliou, en octobre 2014.
Éditions Montagne Froide / Cold Mountain, France

Le « Poïpoïdrome »
Il y a chez Filliou une sorte de pédagogie existentielle, une manière d’être, une vision amoureuse et collective de l’existence, fécondée par l’envie de créer. Il rend au terme « créer » son sens le plus large: aimer, communiquer, échanger, agir avec, jouer, se divertir, inventer des territoires imaginaires. Ses principes ludiques et iconoclastes ont pourtant contribué à élaborer des concepts clés de l’art contemporain : esthétique relationnelle, participation du public à l’œuvre, « work in progress », création permanente, équivalence entre l’art et la vie…
C’est dans le « Poïpoïdrome » que nous pensons que la démarche de Robert Filliou trouve son aboutissement. Dans cet atelier protéiforme, qu’il a présenté dans différentes expositions, notamment en 1978 au Centre Pompidou, Filliou dresse des installations en forme de labyrinthe où sont mis à disposition des visiteurs les instruments destinés à engager une démarche de « l’agir collectif » dans une volonté de création permanente. Il n’y a rien à « apprendre » pour participer aux actions et réflexions du « Poïpoïdrome ». Ce que les utilisateurs savent suffit. La création devient une forme organisée de loisir, de jeu intelligent, susceptible d’éveiller le public à de nouvelles formes de pensées et de vie.

Un théâtre horizontal
Chez Filliou, les performances et les actions qui visent une création permanente nous ont aussi beaucoup attiré – nous qui naviguons entre les eaux de la scène et celles des arts plastiques sans avoir peur des tempêtes du cinéma. C’est à cet endroit que l’activité artistique se définit par le jeu et la pensée dans un processus toujours en mouvement où l’autre a une place centrale. Comme Robert Filliou disait : « Quoi que je dise, ça ne veut rien dire si ça ne vous incite pas à compléter mes idées par les vôtres ». Si nous avons essayé d’appliquer cette devise à notre écriture théâtrale par le biais d’entretiens pour notre spectacle Bal à la sauvette, et pour les créations précédentes de Dorothée, notre pari aujourd’hui est de l’appliquer à la mise en scène.
A travers L’absence de gouvernail, nous cherchons à expérimenter une communauté éphémère, rassemblée par l’intermédiaire du théâtre. Un théâtre horizontal que nous croyons possible.

Biographie
Dorothée Thébert est d’abord photographe de formation avant d’entreprendre un master à l’ECAV (Ecole cantonale d’art du Valais). Elle fonde la Cie SousChiffre en 2009 et aborde les arts vivants dans toutes ses disciplines. Formé au cinéma à Genève, Filippo Filliger est réalisateur, scénariste, metteur en scène et joue de la musique expérimentale.
Ensemble, ils ont escaladé le Stromboli, joué à poil à cache-cache à Berlin, passé trois jours au lit pour un remake du Bed-In de John Lennon et Yoko Ono, contacté des polissons sous chiffre, fait disparaître les spectateurs d’une galerie dans mélan- colie gonflable, tourné un court-métrage érotique, conçu une fille, proposé à un vieux danseur moderne de mettre un tutu et remonter sur scène, mis en scène un bal dans un kiosque à musique, rêvé d’acheter une soucoupe volante, hypnotisé une comédienne le temps d’une représentation, conçu un garçon, fait défiler l’élite intellectuelle qui a ébauché les utopies du vingtième siècle entre deux saunas, per- du le gouvernail et présenté les travaux qui en découlent dans différents théâtres et espaces d’art contemporain. Leur couple se porte toujours bien.

www.frac-franche-comte.fr
souschiffre.net
www.miamibooks.ch/
Montagne Froide

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