SÉMINAIRE ISBA – L’EXTENSION DU PLANCHER EST UNE LUTTE (LA RUMEUR)

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Mardi 6 février 2018 dans le cadre de L’extension du plancher est une lutte (la rumeur), nous présentions le projet curatorial Et, toujours, ils tiennent le monde en cours jusqu’à juin 2018 au Granit, scène nationale – Belfort, auprès des étudiants en art de l’ISBA Besançon, dans le cadre du séminaire Le corps de l’artiste, performance, art d’action à l’invitation de Michel Collet.

Lorsque la scène du théâtre et de la galerie résonnent des jeux qui s’y tiennent, pendant ce temps-là, la scène du monde existe en permanence aussi ailleurs, par son extériorité. Cette programmation fait l’objet, tout au long de la saison, de mises en relief et d’activations artistiques régulières, impromptues et temporaires, en dialogue avec le territoire élargi, les acteurs culturels et le public de la région.

Lors de ce séminaire nous questions notre propre rapport à la transmission en déplaçant notre intervention dans le contexte de la ville et en impliquant les étudiants dans nos recherches sur les pratiques furtives.
Au programme présentation du projet de la saison Et, toujours, ils tiennent le monde, lecture de l’Allocution sommaire de De Yi Studio et activation de protocole:

TENTATIVE D’ATTENTE ATTENTIVE — Mardi 6 février 2017 — BESANÇON (lieu indéterminé)
1. Rendez-vous à l’arrêt de bus le plus proche, isolé ou fréquenté par d’autres usagers, déplacez-vous à proximité. Il s’agit de faire comme si. Pour ce faire, choisissez une destination ou subissez l’unicité de celle qui est proposée, relevez l’heure de passage du prochain bus. Estimez votre attente.
2. Vous pouvez commencer à attendre pour attendre, à attendre davantage. Pour ce faire, attendez là où votre corps est arrivé sans y avoir faire trop attention, attendez là où vous pouvez. Puis, quelques instants après, choisissez votre attente, attendez-là où vous souhaitez, déplacez-vous éventuellement.
3. Rendez-vous progressivement attentif à votre attente. Attendez. Comment attendez-vous ? Attendez encore. Relevez une particularité physique et gestuelle de vos manières d’attendre. Votre attente est-elle poétique ? Prolongez l’attente encore quelques instants avec une conscience accrue de votre attente. Vivez votre attente intensément. S’il vous reste encore un peu de temps et d’envie, reproduisez l’exercice pour retrouver cette sensation d’attente, ou en provoquer une nouvelle. Pendant ce temps-là, avez-vous oublié l’inconfort de votre attente ? Avez-vous même oublié votre attente ? Avez-vous loupé votre bus ? Avez-vous avez un peu froid ? Vous ennuyez-vous ?
4. Si oui, enfilez, par exemple, une paire de gants ; ou rajustez votre écharpe, plusieurs fois, de façons différentes, en tâchant par exemple de donner une nouvelle disposition au noeud de l’écharpe ; ou tapez d’un ou deux coups le coté intérieur de la semelle de votre chaussure gauche contre le coté intérieur de la semelle de votre chaussure droite, et inversement, plusieurs fois ; ou agitez-vous, en inventant un geste de corps, comme bon vous semble, les mains dans les poches ou en-dehors, pour vous réchauffer et/ou vous distraire un peu. En somme, et surtout, rendez vos gestes d’attente compatibles avec votre situation d’attente.
5. Ensuite, plus tard, dans un autre endroit d’attente, rendez-vous compatible avec l’attente des vrais / des autres / des faux usagers en train d’attendre ; pour ce faire rendez-vous attentif aux attitudes de vos voisins d’attente ; relevez discrètement certains de leurs gestes et de leurs postures d’attente : assis, debout, statique, ou en marchant, la tête levée, les yeux, les oreilles ou mes mains libres ou occupés, etc. Que font-ils pour attendre ?
6. Tentez d’établir une relation non-verbale de nature à vous lier discrètement à ces autres présences en attente — un geste, un signe, un état de corps qui vous appartient. Rendez-vous présent à l’attente des autres.
7. Tentez de rendre vos compagnons d’attente conscients de votre présence dans les limites de la distance publique (+ de 360 cm), de la distance sociale (de 120 cm à 360 cm), de la distance personnelle (de 45 cm à 125 cm), de la distance intime ( – de 40 cm).
8. Puis : reproduisez pour l’épuiser le geste que vos bras, vos jambes, vos pieds (ou toute autre partie de votre corps) inscrivent dans l’espace quand vous attendez dans le froid et/ou l’inconfort ; transmettez ce geste respectivement à vos compagnons d’attente, par une stratégie de langage verbal ou non verbal, pour que ces gestes soit partagés et reproduits collectivement.
9. Par exemple : mettez en pratique les maximes populaires : « Tourner en rond » et « Faire les 400 pas », l’une après l’autre puis les deux en même temps, donc, tournez en rond et faites les 400 pas ; ou bien encore : faites la queue ensemble ; regardez le ciel ; mimez l’attente d’autrui de façon symétrique ; etc. Inventez votre stratégie de co-présence. Exposez-vous.
10.Sortez de votre attente attentive et poétique et quittez la scène comme si de rien n’était.

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