BROUHAHA

CARTON BROUHAHA DEF
© Camille Bondon, schéma de principe issu de l’édition Abrégé visuel, 2015

AVEC :
Camille Bondon, Laurence Cathala, Clément Cogitore, Cindy Coutant, Aurélien Froment, Agnès Geoffray, Célia Gondol, Paul Heintz / Marianne Villière / Sébastien Trihan, Johan Larnouhet, Camille Llobet, Violaine Lochu, Dominique Petitgand, Alexandre Silberstein, Raphaël Tiberghien, Fabien Zocco

Une proposition de Mickaël Roy, commissaire associé

EXPOSITION
du 16 septembre au 19 décembre 2017

VERNISSAGE
vendredi 15 septembre à 18h, suivi à 19h des performances de Laurence Cathala et Cindy Coutant

PROGRAMMATION VIDÉOS
– dans la galerie:
du 16/9 au 31/10, Paul Heintz: Le café et la télévision, Blagueurs anonymes et D’habitude c’est plutôt avec les Claude François qu’on a des problèmes
du 2/11 au 19/12, Clément Cogitore: Elégies, Tahrir et Burning cities
– dans la petite salle:
du 16/9 au 14/10 Aurélien Froment, Théâtre de poche, 2007
du 16/10 au 4/11 Paul Heintz, Non contractuel, 2016
du 6/11 au 25/11 Clément Cogitore, Sans titre, 2014
du 27/11 au 19/12 Fabien Zocco, From the earth to the sky, 2014

FINISSAGE
samedi 16 décembre de 13h à 18h. Rencontres, échanges, et propositions artistiques pour croiser les points de vues sur la notion de brouhaha à plusieurs voix.

AlexandreSilbersteinFitz01
© Alexandre Silberstein, Fitz, 2016, photo Cyrille Robin

Brouhaha* ouvre la saison d’expositions Et, toujours, ils tiennent le monde avec un ensemble d’œuvres qui empruntent à l’observation fragmentée que les artistes font de leurs et de nos relations au monde et des formes potentielles d’actualité, de récit, de virtualité et de fiction qui s’y déploient.
Ce premier acte est ainsi à l’image de l’expérience de la simultanéité des petits et des grands événements qui s’enchevêtrent et qui, ce faisant, constituent l’horizon de nos réflexions et de nos représentations, diffuses ou concentrées.
La concomitance des temps vécus, des espaces occupés ou parcourus en présence, en virtualité et en imagination, des actions engagées, des événements partagés et rapportés, en somme la coexistence des multiples sollicitations et projections auxquelles nous sommes confrontés ou dans lesquelles nous sommes impliqués implicitement, apparait aujourd’hui comme l’une des caractéristiques de notre présent.
En ce sens, la pluralité des situations perçues, entendues, fabriquées et mémorisées s’additionnant les unes aux autres, de proche ou de loin, s’ajoute aux faits, aux informations et aux histoires que l’on connait personnellement, qui pour certaines se diffusent collectivement, tandis que d’autres se révèlent de façon inédite et se trament comme des rumeurs. Évoluant en son sein, à ses abords ou en complète exergue, les artistes sont attentifs à cette épaisseur du monde autant qu’à ses fureurs et y participent à leur manière en y ajoutant des artefacts, des mondes dans le monde pourrait-on dire, en miroir et en contrepoint, en deçà ou au delà des zones de confort de reconnaissance du quotidien. Les œuvres ici rassemblées apparaissent en cela comme des témoignages par procuration de différents bruits aussi bien sonores que métaphoriques, visuels et cognitifs, qui infiltrent notre présent et qui, de cause à effet, déterminent en partie nos modes de présence, de disponibilité et de réception à l’égard de ce qui nous atteint.
Dans ce présent dont il est justement question, dès qu’un œil et qu’une oreille s’ouvrent, s’y engouffrent aussitôt des mondes multiples et hétérogènes. Ces mondes sont pluriels, ce sont ceux du contemporain, en ce que ce terme si commun pour caractériser l’époque encore en cours peut désigner l’ensemble des conditions sous-jacentes et mobiles de nos existences prises à l’intersection d’un brouhaha dont l’agitation a pour incidences connexes d’inscrire les individus face à plusieurs niveaux d’expérience d’un temps ordinaire ou plus extraordinaire, qui se façonnent et nous habitent au gré des circonstances, des occasions et des soubresauts de ce qui survient.
Parmi ces bribes qui bourdonnent dans nos têtes et sous nos yeux, et qui se diffusent comme les ondes d’un ricochet, l’acuité de notre réceptivité se meut autant qu’elle peut, le regard s’accroche ou glisse sur ces fragments porteurs de récits, souvent indiciels et rarement linéaires. Il en est de même devant des œuvres qui enregistrent et prennent l’empreinte en contre- forme de ces manifestations courantes ou, sans être nécessairement spectaculaires, de ces signaux surprenants, poétiques et politiques qui agitent nos mondes.
Qu’elles relèvent du vrai ou du faux, du plausible ou de l’invraisemblable, ces tranches d’histoires écrites, sonores, visuelles ou tridimensionnelles, qui s’invitent ainsi dans le périmètre de nos perceptions, et par extension, ici dans l’espace de synthèse du réel que constitue cette exposition, ces extraits donc apparaissent comme autant d’incitations à déceler des moyens de voir, de saisir et de comprendre certaines des formes du bruissement général qui nous enveloppe.
Et quand la rencontre, la lecture et l’écoute se produisent sous couvert d’un niveau d’ambiguïté supplémentaire, les incertitudes et les paradoxes des représentations et du langage peuvent alors utilement susciter un sursaut afin d’en approcher les qualités du commun, du trouble et de l’opacité qui se déposent sans toujours s’énoncer. Certaines des œuvres présentées ont d’ailleurs précisément cela en partage : en produisant des occasions de récit par des formes d’écriture et d’oralité incidemment incomplètes, elles sont cependant déjà des adresses.
Charge alors à chacune et chacun qui les aborde de les prendre avec soi, de s’arrêter un instant, de prendre place, de regarder et de lire entre les lignes, en définitive de s’immiscer, de s’établir dans le brouhaha, de sorte qu’il deviendra alors possible de se frayer un chemin au cœur de la multiplicité de ces indices parfois irrésolus, ou de résoudre précisément les écarts paradoxalement silencieux qui nous en séparent, à l’appui de tous ces signes qui possèdent le pouvoir de captiver, à nouveau, nos attentions.

* en écho à l’essai de Lionel Ruffel, Brouhaha, Les mondes du contemporain, éditions Verdier, 2016

LES VISITES :
Journées du patrimoine samedi 16 et dimanche 17 septembre, 14h30 / La première mercredi 20 septembre, 17h / Avant les spectacles mercredi 27 septembre, 18h et mercredi 11 octobre, 19h / Sandwich jeudi 16 novembre, 12h20 / La dernière mardi 19 décembre, 19h

Visites commentées sur rendez-vous Pierre Soignon, 03 84 58 67 55, psoignon@legranit.org

+ L’EXTENSION DU PLANCHER EST UNE LUTTE (LA RUMEUR)
programmation d’événements / performances / conférences / rencontres / projets collaboratifs

Avec la participation de Julien Amillard, Camille Bondon, Clément Cogitore, DeYi Studio, Joséphine Kaeppelin, Mathieu Tremblin

Lorsque la scène du théâtre et de la galerie résonnent des jeux qui s’y tiennent, pendant ce temps-là, la scène du monde existe en permanence aussi ailleurs, par son extériorité. En parallèle de l’ensemble des expositions de la saison, se développe une autre exposition, extérieure, qui s’emploie à faire apparaitre des interventions artistiques discrètes, impromptues et/ou temporaires, qui ne s’annoncent pas pour se laisser découvrir, en relation étroite avec des espaces, des lieux et des acteurs du territoire.in et hors les murs.

Avec la collaboration de la Bibliothèque Léon Deubel et de la BU Lucien Febvre, Belfort, de Cinémas d’aujourd’hui, de l’École d’art de Belfort G. Jacot, de l’espace multimédia Gantner, Bourogne, du Centre hippique du Territoire de Belfort–Bavilliers et avec le soutien des serres municipales de Belfort

Publicités

7 réflexions sur “BROUHAHA

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s